La nouvelle fait le tour du monde des rédactions : Ce soir, le Cavaliere a vécu ses derniers instants de Président du Conseil italien. Sous les cris de "Bouffon, en prison !", "Vai via" (dégage), "In gallera" (en prison) et "Bastardo" -et de lancées de petites monnaie- d'une foule nombreuse rassemblée devant le palais pour fêter cette nouvelle inespérée, il a remis à 21h42 au Quirinal de Rome (Palais de la Présidence) sa démission au Président de la République italienne, Giorgio Napolitano. A compter de maintenant, c'est à Mario Monti (déjà surnommé Super Mario) de prendre la tête d'un nouveau "gouvernement technique" pour essayer de redresser la situation et l'économie italienne.

 Berlusconi 7Berlusconi 8berlusconi 9napolitano et monti

Pourtant crédité seulement de 22% d'opinions positives, ce ne sont pas les manifestations de mécontentement de plus en plus fréquentes et importantes, ni l'opposition divisée, ni même les urnes (la droite à perdu les dernières élections et référendum mais les prochaines élections générales n'auront pas lieu avant 2013) qui ont eu raison du règne très critiqué de Sua Emitenza.

Et oui, tristement, ce n'est donc pas la démocratie mais la toute puissance des marchés et la forte pression internationale -intenable pour l'économie italienne qui a une dette astronomique- qui ont finalement eu raison cette semaine de Silvio Berlusconi, après 17 ans d'une carrière politique marquée par 3 présidences du Conseil et de multiples scandales de tous ordres.

Il a résisté énergiquement, tant que possible, à cette démission (plusieurs procès l'attendent, à présent qu'il a perdu son immunité...) mais, lâché de toutes parts, il a du s'y résoudre in fine.

"L'homme qui a foutu en l'air toute une économie" (selon une couverture célébre de The Economist) est passé de l'adulation à la détestation de tout un peuple, qui manifeste fortement ce soir sa joie d'avoir retrouvé "la fierté d'être italien"...