Sévère défaite ce dimanche dernier du Président du Conseil Silvio Berlusconi et de sa majorité (le PdL : Popolo della Libertà qui parle actuellement de changer de nom...) au 2ème tour des élections municipales italiennes. Les chiffres publiés hier sont sans appel : la majorité recule et la gauche progresse (principales villes citées : Milan, Naples, Novara, Trieste, Grosseto, Cagliari, Pordenone, Trieste, Crotone. Turin était restée à gauche dès le premier tour). Des fêtes avec des dizaine de milliers de personnes ont été organisées à Milan (50 000 personnes), Rome et Naples.


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C'est à Naples (où le leader de la coalition de droite s'est très impliqué personnellement pour battre la gauche) et surtout à Milan que la défaite est la plus cuisante. Milan -où l'a emporté Giuliano Pisapia sur la Maire sortante Letizia Moratti- est en effet le lieu de naissance de Berlusconi et le siège de son empire de communication, Mediaset. Celui-ci avait fait une véritable question personnelle de conserver la ville, gouvernée depuis 18 ans par sa majorité. Même la récente victoire de l'AC Milan  (club de foot que possède aussi le Cavaliere) au championnat italien de football la veille du premier tour des éléctions avait été mise en avant pour essayer de l'emporter.

Silvio Berlusconi a beau ironiser ("j'ai fait une réunion pour fixer la date de mes funérailles mais j'ai trop de rendez-vous ces prochains jours et donc elles sont repoussées..." a t'il déclaré ce matin), c'est l'ensemble du gouvernement qui est à présent destabilisé. La défaite s'ajoute notamment aux 4 procès, dont le Rubygate qui reprend aujourd'hui, dans lesquels est impliqué le Président du Conseil. La majorité qui gouverne ne tient plus qu'à un fil : l'alliance entre Berlusconi et Umberto Bossi, le leader de la Lega Nord (la Ligue du Nord). Ce parti a longtemps réclamé la scission de l'Italie entre Nord et Sud et milite à présent pour un fédéralisme qui profiterait bien sûr aux régions riches du Nord de l'Italie. La Ligue a également perdu dimanche : la ville de Novara, qu'elle gouvernait depuis 10 ans, est passé au centre gauche.

Que va t'il se passer à présent ? La politique italienne est riche en méandres et Silvio Berlusconi a mainte fois prouvé qu'il était capable de rebondir même dans les cas désespérés. Mais il semble que quelque chose est en train de bouger dans le pays, qu'un changement s'opère inexorablement (les journaux parlent aujourd'hui de "sévère defaite", "chute", "effondrement"...). Le référendum du 12 juin prochain -où la majorité joue gros sur 4 questions posées aux citoyens- sera particulièrement intéressant à suivre.