Le torride été italien a été le théâtre d'une lutte sans merci entre le quotidien de gauche La Repubblica et le chef du gouvernement Silvio Berlusconi

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Tout au long de l'été (et cela continue à ce jour), le célèbre journal a fait paraître  chaque jour 10 questions adressées (ici en anglais) au Président du Conseil concernant ses relations avec des call-girls, comme  la  fameuse "escort girl" Patrizia D'Addario ou des jeunes filles mineures, comme la célèbre Noemi Letizia. On parle de nombre de soirées dans son manoir fastueux en Sardaigne, et des photos compromettantes existent. Berlusconi a très mal pris cette "intrusion," n'a jamais répondu, et a surtout décidé ni plus ni moins d'attaquer La Repubblica et l'Unita (autre journal de gauche) pour diffamation, réclamant 3 millions d'euros. Des  journaux et magazines européens -Le Nouvel Observateur en France, El Pais en Espagne-  ayant relaté les faits, avérés, de ces fameuses "parties" sont également visés.

Empêchant également par tous les moyens (et ils sont importants : rappelons qu'il détient  un empire médiatique composé de chaînes de télévision, de nombre de journaux et magazines, de maisons d'édition) la publication des fameuses 300 photos sur le sujet, le "Cavaliere" (le "Sultano" comme on l'appelle de plus en plus à présent) s'est déchainé contre tous les "empêcheurs de gouverner en rond" : presse, juges,  opposition. Il a aussi  déclaré lors d'une récente conférence de presse avec le chef du gouvernement espagnol, José Luis Zapatero qu'il était "le meilleur chef de gouvernement que l'Italie ait eu en 150 ans"...

La récente actualité touche au paroxysme de l'affaire : Alors que son "pourvoyeur" de filles a été arrêté la semaine dernière, La Repubblica a lancé une pétition pour la liberté de la presse et pour protester contre la plainte en diffamation. Le représentant pour la liberté des médias de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) vient également hier d'adresser une lettre au chef du gouvernement italien pour lui demander de retirer ses plaintes, arguant que "le droit de savoir du public inclut  inévitablement le droit des médias à poser des questions."

A ce jour, plus de 410 000 personnes ont signé la pétition sur le site web.